Le « #logement abordable », un défi pour l’#Europe

Article de Isabelle Rey-Lefebvre publié par Le Monde

Avenue de la Porte de Vanves 75014 Paris - Quartier prioritaire de la politique de ville - Quartier Porte de Vanves
Avenue de la Porte de Vanves 75014 Paris – Quartier prioritaire de la politique de ville – Quartier Porte de Vanves

Le temps paraît loin où de savants économistes invités par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’enthousiasmaient, à longueur de colloques, de la hausse des prix de l’immobilier et de son « effet richesse », prétendument stimulant pour la consommation, la croissance et toute l’économie.

La crise de 2008, déclenchée par la catastrophe des prêts immobiliers toxiques, a montré l’inanité de cette richesse et prouvé qu’au contraire, le renchérissement des logements accélère l’accroissement des inégalités et s’avère contre-productif au plan économique.

L’OCDE commence d’ailleurs à mesurer l’ampleur des dégâts sociaux de cette inflation immobilière. L’institution a entrepris, avec des fonds de la Communauté européenne, de créer une base de données sur les questions de logement dans ses trente-cinq pays membres. Celle-ci a été mise en ligne sur son site Internet mercredi 8 février.

« Nous nous sommes focalisés sur la notion de “logement abordable”, c’est-à-dire accessible aux plus modestes et aux classes moyennes, un enjeu central dans la réduction des inégalités et de la pauvreté », explique Alice Pittini, économiste pour l’OCDE.

« Vraie prise de conscience »

Pour Laurent Ghekiere, qui représente, auprès de l’Union européenne (UE), les organismes HLM français réunis au sein de l’Union sociale de l’habitat (USH), « il y a une vraie prise de conscience des Etats membres de la nécessité de développer le “logement abordable” ou social. Toutes leurs grandes métropoles subissent de très fortes pressions immobilières. En corollaire, les autres régions ou villes se vident, se désertifient, dans des mouvements parfois violents, surtout dans les pays de l’Est. »Un premier indicateur est la part grandissante des dépenses consacrée par les foyers à leur logement (loyer ou crédit, charges…). Celles-ci représentaient 22,9 % du budget des ménages en 2013, contre 20,3 % treize ans plus tôt, à l’échelle de l’OCDE.

Au Danemark, sur cette période, elles sont passées de 26 % à 30 %, un record au niveau européen. La France figure parmi les pays où ce niveau est le plus élevé, à 26,7 % en 2013 (contre 23,2 % en 2000). Des moyennes nationales qui cachent évidemment de fortes disparités locales.

Autre constat, un nombre croissant d’habitants sacrifient plus de 40 % de leurs revenus au logement, atteignant donc un « coût excessif », selon la norme internationale…

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