Les locataires de HLM, de plus en plus nombreux à être expulsés

Article et vidéo publiées par Europe 1

Les locataires de HLM, premières victimes des… par Europe1fr

Malgré la trêve hivernale, qui empêche les expulsions locatives du 1er novembre au 31 mars, les associations sont préoccupées par la hausse des expulsions le reste de l’année et notamment dans les HLM.

L’ENQUÊTE DU 8HLundi soir, à minuit, débute la trêve hivernale. Pour les locataires menacés d’expulsion, cela signifie le début de cinq mois de répit. Et qu’ils habitent dans un logement classique ou social, ils sont de plus en plus nombreux dans cette situation. Ce sont d’ailleurs les locataires de HLM qui ont subi la plus forte hausse du nombre d’expulsions. Un sujet d’inquiétude pour les associations.

Une méthode parfois violente. D’après la Fondation Abbé-Pierre, il y a eu cette année une hausse de 24% des expulsions locatives par les forces de l’ordre par rapport à 2015. Et aujourd’hui, les expulsions de logements sociaux représentent près de la moitié des jugements, selon l’association Droit au Logement. Pour les locataires concernés, la méthode est parfois violente comme pour Nadia, menacée d’expulsion dans les Hauts-de-Seine. Divorcée, avec trois enfants à charge, elle ne peut plus assumer son loyer. « On reçoit la lettre disant « On a accordé l’expulsion ». Et vous avez un mois pour faire vos bagages et amener la clé avant. C’est très difficile. C’est un bailleur dit « social » et il agit comme un bailleur particulier », dénonce-t-elle sur Europe 1. Mais cette situation reste rare. Habituellement, avant d’expulser, les bailleurs sociaux proposent un relogement ou un arrangement financier.

Le bailleur social a aussi des obligations financières. Car ils ont eux aussi une logique financière à respecter. « Un bailleur social n’est pas là pour faire de l’argent », rappelle Anthony Rodrigues, de l’association de défense des consommateurs CLCV. « Mais il n’empêche qu’il doit respecter un équilibre entre ses dépenses et ses recettes. En cas d’impayés, lorsque la dette est trop importante, on a cette logique économique qui aboutit à une expulsion du locataire. »

À terme, les ménages modestes ne pourront plus habiter en logement social
Jean-Baptiste Eyraud de l’association Droit au Logement

Des logements sociaux de plus en plus chers… Le problème central du nombre d’expulsions reste celui du « taux d’effort », c’est-à-dire la part du revenu que chacun consacre à son logement. Un taux qui augmente aujourd’hui sensiblement dans les logements sociaux. Première explication : la hausse des prix du foncier et des coûts de construction. « Les nouveaux logements sociaux qui sont produits sont chers », explique Jean-Baptiste Eyraud de l’association Droit au Logement. « Donc tout ça amène inéluctablement à une hausse des loyers. Les charges augmentent aussi de manière beaucoup plus rapide. Donc à terme, les ménages modestes ne pourront plus habiter en logement social. »

… car devenus haut de gamme. Non seulement le montant des loyers augmente, mais en plus, l’offre ne lui correspond pas toujours. « La France construit de plus en plus des logements haut de gamme (PLS) qui sont destinés à des classes moyennes qui gagnent 2.000 ou 2.500 euros par mois et peuvent se permettre des loyers plus élevés », constate Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre. « Le problème c’est que ceux qui font des demandes des HLM sont au SMIC ou en dessous. Alors pour satisfaire quand même ces demandes de personnes en grande difficulté, on leur attribue parfois des logements sociaux haut de gamme*. On sert les dents et on espère que ça tienne. Seulement, ça ne tient pas toujours et on se retrouve dans des situations d’expulsion locative. » 

Pour limiter ce phénomène, les associations réclament une hausse des aides au logement, car elles sont insuffisantes pour éviter une expulsion.

Par Rémi Bostsarron, édité par M.R.

*AJOUT RESEL PARIS : Les logements sociaux sont divisés en 3 catégories (mais sont de qualités de fabrication égale ; ce n’est que le taux de participation de l’état, sous toutes ces formes qui est différent : moindre pour les plus chers et plus important pour les moins chers) :

  1. Les PLS, les plus chers qui ne représentent que 3/4% des demandes alors qu’ils représentent 1/3 des constructions.
  2. Les PLUS, bien en-dessous des PLS, quasiment au même niveau que les PLAI
  3. Et les PLAI, les moins chers qui représentent 70% des demandes et ne sont – comme les PLS – qu’1/3 des logements construits/existants ! Il y a donc forcément des familles qui se retrouvent dans des logements trop chers pour elles et font donc un TAUX D’EFFORT bien TROP IMPORTANT POUR ELLES ! CQFD !
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