Logement : Les associations s’inquiètent de la fin de la trêve hivernale – 20 minutes avec AFP

HEBERGEMENT : De 30.000 à 40.000 foyers pourraient être expulsés en France dès vendredi matin…

Contrat de location et quittance de loyer: illustration. - DURAND FLORENCE/SIPA
Contrat de location et quittance de loyer: illustration. – DURAND FLORENCE/SIPA

Synonyme de reprise d’expulsions et de fermeture progressive des centres d’hébergement… La fin de la trêve hivernale, c’est ce jeudi soir à minuit. «Il y aura encore du monde sur le carreau»: les associations s’inquiètent des conséquences et demandent un effort pour la dernière année du quinquennat. C’est un fait, les procédures d’expulsion de ménages ont fortement augmenté ces dernières années dans un contexte de crise économique et montée du chômage.

30.000 à 40.000 foyers en France susceptibles d’être expulsés

Selon les prévisions du Réseau stop aux expulsions logement (Résel Paris) pour 2015, «on estime en moyenne de 30.000 à 40.000 le nombre de foyers en France susceptibles d’être expulsés dès vendredi matin», sur un total d’environ 190.000 assignés dans le cadre d’une procédure d’expulsion.

Souvent, la descente en enfer suit le même scénario : perte ou changement d’emploi, séparation, changement de situation de famille, problèmes de santé et surendettement… puis des impayés, puis un décrochage. «Dès vendredi, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui vont se retrouver à la rue», s’émeut Jean-Baptiste Eyraud, de l’association Droit au logement (DAL), consterné par un «système terriblement injuste».

Les annonce de la ministre du Logement n’auront pas suffi

Pour endiguer le phénomène, le DAL propose «une vraie baisse des loyers, un arrêt des expulsions et le financement de nouveaux logements sociaux». Mercredi, un collectif de 34 associations (Collectif des Associations Unies) a demandé des mesures plus fortes à la nouvelle ministre du Logement Emmanuelle Cosse, au cours d’un rassemblement place du Palais-Royal à Paris.

Ainsi, les annonces («pérennisation de 2.300 places d’hébergement d’urgence» et «un plan pour mettre fin à la gestion saisonnière») de la ministre du Logement, au cours d’un déplacement mardi à Lyon, n’auront pas suffi.

Le «plan de prévention des expulsions» permettra aux acteurs de trouver plus rapidement des solutions dès les premiers impayés, et les aides au logement seront maintenues pour les locataires sous le coup d’une décision d’expulsion, a détaillé la ministre.

40.000 personnes hébergées à l’hôtel

«L’Etat a annoncé pérenniser 2.300 places sur les 10.000 ouvertes: où vont aller les personnes pour lesquelles les structures ferment?», s’inquiète-t-il, soulignant qu’«à Lyon, malgré ces mesures, 700 personnes se retrouveront sur le carreau, à Lille, ils seront 300 à la rue».

Outre les sans-domicile fixe, des familles expulsées de leur logement se retrouvent pris en charge par l’Etat lorsqu’ils sont prioritaires au titre du droit opposable au logement (DALO). Ainsi, «chaque année, 40.000 personnes sont hébergées à l’hôtel, ce qui coûte 200 millions d’euros à l’Etat», constate M. Gueguen…

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