Fin de la trêve hivernale, les locataires se retrouvent sur le « carreau » – @itele

Jeudi 31 mars à minuit, la trêve hivernale qui protégeait les locataires les plus en difficultés prend fin. A partir du vendredi 1er avril, des milliers de personnes risquent d’être expulsées et se retrouver à la rue. Un nombre en augmentation constante qui alarme les associations.

Jeudi 31 mars à minuit, la trêve hivernale se termine. Synonyme de reprise des expulsions dès le lendemain, cette fin de trêve n’est pas un mauvais poisson d’avril pour des milliers de personnes.

Selon les associations et notamment le réseau stop aux expulsions (Résel) « on estime en moyenne de 30.000 à 40.000 le nombre de foyers en France susceptibles d’être expulsés dès vendredi matin ».

Un nombre record qui prouve une fois de plus que les procédures d’expulsion des ménages sont en nette hausse depuis plusieurs années, conséquence de la crise économique et de la croissance du chômage.

« Un système terriblement injuste »

Selon les calculs du Résel, on dénombre environ 190.000 assignés dans le cadre d’une procédure d’expulsion pour l’année 2015. A l’origine de ces décisions de justice pour impayés, on retrouve souvent le même schéma. Tout commence par la perte ou le changement d’emploi, une situation de famille qui se dégrade, le surendettement ou des problèmes de santé. Suivent alors plusieurs impayés, et un décrochage.

Après 5 mois d’interruption des expulsions, c’est « plusieurs dizaines de milliers de personnes qui vont se retrouver à la rue » dès vendredi, explique Jean-Baptiste Eyraud, de l’association Droit au Logement (DAL). Pour lutter contre cette hausse constante des procédures d’expulsion et « un système terriblement injuste », le DAL incite « une vraie baisse des loyers, un arrêt des expulsions et le financement de nouveaux logements sociaux ».

Fin de « la gestion au thermomètre »

« Un toit pour tous », c’est ce que réclame surtout le Résel, qui appelle à une manifestation pour le logement samedi 2 avril après-midi, place de la République à Paris.

Mardi 29 mars, la nouvelle ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, lors d’un déplacement dans les locaux de la Fondation Abbé Pierre à Lyon, annonçait « la pérennisation de 2.300 places d’hébergements d’urgence », sur les 10.000 ouvertes.

Il en coûterait 15 millions d’euros à l’Etat. La ministre entendait aussi mettre fin « à la gestion au thermomètre », avant d’ajouter que le « plan de prévention des expulsions » était une solution pour aider les plus concernés à gérer les premiers impayés.

Protéger les plus fragiles

Des annonces que les associations jugent insuffisantes. Mercredi 30 mars, un collectif de 34 d’entre elles demandait des mesures plus fortes à la ministre du Logement. Certains, comme Florent Gueguen, militant de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), s’inquiètent pour l’avenir de centaines de personnes :

L’Etat a annoncé pérenniser 2.300 places supplémentaires en 2016 : où vont aller les personnes pour lesquelles les structures ferment ? A Lyon, malgré ces mesures, 700 personnes se retrouveront sur le carreau. A Lille, ils seront 300 à la rue.

40.000 personnes hébergées à l’hôtel chaque année

Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, « on n’est pas capable d’être dans une dynamique qui nous permette de protéger les plus fragiles ». Il estime qu’il faut une véritable « politique de prévention » et que « les suspensions d’expulsions ne doivent pas se faire au détriment des propriétaires ».

En dehors des sans-domicile fixe, des familles se retrouvent expulsées de leur logement puis prises en charge par l’Etat lorsqu’elles sont prioritaires au titre du droit opposable au logement (DALO).

Selon Florent Gueguen, 40.000 personnes sont hébergées à l’hôtel chaque année :

Cet hébergement a un coût total de 200 millions d’euros à l’Etat. On pourrait subventionner le maintien des personnes dans leur logement plutôt que de financer un système hôtelier quasi mafieux.

De son côté, le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées (HCPLD) exige que « les procédures d’expulsion des personnes bénéficiaires du DALO soient suspendues tant qu’une possibilité de relogement n’a pas été proposée ».

Protéger les propriétaires et les locataires

La ministre du Logement s’est pourtant félicitée de la mise en place la Loi ALUR : « D’ici la fin de l’été nous en serons à 90% »  de décrets promulgués. Emmanuelle Cosse appelle à une « véritable appropriation du texte par les acteurs du logement ».

Pour rappel, la loi ALUR, pour Accès au Logement et Urbanisme Rénové, a été adoptée le 24 mars 2014 et a pour objectif de réguler les dysfonctionnements du marché, de protéger les propriétaires et les locataires, et de permettre l’accroissement de l’offre de logements dans des conditions respectueuses des équilibres des territoires.

Article rédigé par Tristan Lochon (@TristanLochon) pour la rédaction web d’iTELE (avec AFP) // Crédit photo : DR

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